Psychologue ou praticienne en relation d’aide : quelle différence, et pour qui ?

Quand on cherche du soutien psychologique, on tombe vite sur une multitude de titres : psychologue, psychothérapeute, psychopraticien·ne, praticien·ne en relation d’aide…

Il est normal de s’y perdre. J’aimerais éclairer la différence entre le métier de psychologue et celui de praticienne en relation d’aide, tel que je l’exerce, avec une formation initiale d’infirmière spécialisée en psychiatrie.

Mon parcours, en quelques mots

Depuis l’enfance, le psychisme humain m’interesse, me questionne et disons le clairement, me passionne.

Le métier d’infirmière m’a attiré pour sa proximité avec l’humain et particulièrement vers le milieu psychiatrique. Le premier stage en unité adulte à Bohars (29) en 2009 m’a confirmé que je voulais poursuivre auprès de personnes souffrant de troubles psychiques spécifiquement.

Infirmière de formation, avec 8 ans d’exercice en service de psychiatrie hospitalière, je travaille aujourd’hui à 60% en Centre Médico-Psychologique (CMP), et je reçois en parallèle des personnes en libéral, en tant que praticienne en relation d’aide.

Cette double casquette nourrit ma pratique : le cadre clinique du CMP d’un côté, l’accompagnement individuel et sur-mesure du cabinet de l’autre.

Le métier de psychologue

La/Le psychologue suit un cursus universitaire de 5 ans (licence + master) en psychologie. C’est un titre protégé par la loi : on ne peut pas se dire « psychologue » sans ce diplôme.

Son travail repose sur :

– des entretiens cliniques et une évaluation psychologique approfondie,

– parfois des bilans ou tests (personnalité, fonctionnement cognitif, etc.),

– un accompagnement thérapeutique fondé sur un cadre théorique précis (psychanalytique, cognitivo-comportemental, systémique, etc.),

– la possibilité de poser certains éléments de compréhension diagnostique, en lien avec un psychiatre si besoin.

Le psychologue ne prescrit pas de médicaments et n’a pas nécessairement d’expérience clinique du soin en psychiatrie institutionnelle.

Mon rôle de praticienne en relation d’aide

La « relation d’aide » n’est pas un titre protégé par la loi, contrairement à celui de psychologue. C’est une pratique d’accompagnement centrée sur l’écoute, la présence et le soutien, que j’exerce en m’appuyant sur mon expérience clinique de terrain.

Concrètement, dans une séance, cela se traduit par :

– la validation des émotions : la personne repart avec le sentiment d’avoir été réellement considérée,

– un travail d’identification des besoins : au-delà de « se sentir mieux sur le moment », je l’aide à clarifier ce dont elle a vraiment besoin, pour elle-même et dans sa situation,

– une lecture clinique de la structure psychique de la personne, héritée de mes années en psychiatrie hospitalière. C’est ce qui me permet de savoir ce qu’il faut dire, ce qu’il vaut mieux éviter, et comment adapter ma posture selon ce que vit la personne. C’est un repère essentiel que n’a pas nécessairement un accompagnement sans formation clinique.

– une habitude du travail avec la crise et la souffrance aiguë, acquise au contact direct de patients,

– une compréhension du système de soin (psychiatre, CMP, hôpital de jour, dispositifs médico-sociaux) qui me permet d’orienter la personne si sa situation dépasse le cadre de l’accompagnement que je propose.

Je n’établis pas de diagnostic, ne fais pas de bilan psychologique, et n’agis pas en libéral avec les actes propres à la profession infirmière (soins techniques, prescriptions). Mais cette formation clinique reste le socle qui sécurise tout mon accompagnement : elle m’évite d’agir ou de dire quelque chose qui pourrait, sans le vouloir, fragiliser davantage la personne.

Pour moi, c’est un risque réel dans un accompagnement mené sans ce bagage.

Deux approches répondant à des besoins différents

Vous cherchez un travail thérapeutique structuré, une évaluation, ou un espace d’élaboration psychique approfondi ? Un·e psychologue est le bon interlocuteur.

Vous avez besoin de vous sentir vraiment entendu·e et considéré·e, d’être accompagné·e dans une période difficile par quelqu’un qui sait lire ce qui se joue psychiquement pour vous et éviter les faux pas ? C’est le cœur de ce que je propose.

Les deux pratiques sont d’ailleurs souvent complémentaires : plusieures personnes que j’accompagne suivent par ailleurs un travail avec un·e psychologue ou un·e psychiatre, et ces suivis se nourrissent mutuellement plutôt que de se concurrencer.

Je vous invite à venir me rencontrer pour en parler

Si vous hésitez sur le type d’accompagnement qui vous correspond, n’hésitez pas à m’en parler directement : je pourrai vous orienter, y compris vers un·e collègue psychologue ou psychiatre si c’est plus adapté à votre situation.